Miroir, miroir, qu'il y a-t-il dans mon pot de Nutella ?


      Nutella, oh nutella. Certains te détestent mais la plupart des français t’adorent. Tu es si doux, si sucré, si chocolaté, si onctueux, si délicieux… Mais surtout, si gras ! Tout ce sucre, toute cette huile de palme, nous, consommateurs, t’haïssons pour ce dernier point.

Ce produit a d’ailleurs fait l’objet d’une polémique le 7 novembre dernier. L’Amendement Nutella a été adopté en commission des affaires sociales du Sénat et vise à augmenter de 300% la taxe sur l’huile de palme. Pourquoi, dites-vous ? Les raisons sont triples. Premièrement, l’huile de palme est considérée comme nocive pour la santé puisqu’elle contient des graisses. Deuxièmement, cette huile entraine des déforestations dans le monde. Troisièmement, le gouvernement espère diminuer la consommation de cette huile en France. Notre pays consomme 126 000 tonnes d’huile de palme par an, soit deux kilos par an par personne. Le pire est que ce chiffre comprend uniquement l’usage alimentaire.



Nutella est donc directement attaqué sur son territoire puisque l’huile de palme est une composante indispensable du produit. Nous sommes donc très loin de la célèbre formule « manger cinq fruits et légumes par jour ». La crise est là et il est nécessaire de répondre à l’opinion publique.

Une réactivité exemplaire. Le directeur général de Ferrero prend la parole dans les médias le 10 novembre, 3 jours seulement après le début de la polémique. Il aborde le point central de cette crise et répond de manière ferme et précise : malgré la taxe, la marque n’a pas l’intention de modifier la recette de son produit phare. 

Une campagne de communication. Nutella attaque de front. Pour cela, la marque engage l’agence Providence afin de communiquer de manière pédagogique, et d’expliquer la présence de l’huile de palme. La ligne éditoriale est donc bien déterminée en amont. En ce qui concerne les problèmes environnementaux, l’entreprise répond ainsi : « Nutella veut en 2015 une production 100% durable en évitant les problèmes de déforestation ». Traduction, nous sommes conscients que l’huile cause ces problèmes et veilleront au mieux à les réduire.

Une campagne de communication papier. Le 16 novembre apparait dans les quotidiens du Figaro et du Parisien la réponse de la marque en double page. Sur la première est écrit : « Nutella, c’est délicieux mais pourquoi y a-t-il de l’huile de palme ? ». Sur la seconde apparait « l’huile de palme, parlons-en ». Le tout, accompagné d’un discours explicatif ne remettant pas en cause les actions et les choix de production de Nutella. Voici l’œuvre en images. Les points importants sont en rouge et tous les aspects ne sont pas mis de coté (écologie, recette, santé).


Une campagne de communication web. La marque opte pour Nutellaparlonsen.fr dont le nom de domaine a été déposé le 12 novembre. Le site reprend à l’identique la campagne dans les quotidiens. La structure de cette page est simple mais très efficace. Les couleurs phares de Nutella animent le site et toutes les informations requises sont là. La marque est pédagogue et limite les réclamations des consommateurs. N’hésitez pas à aller sur leur site internet, vous comprendrez à quel point la communication de crise est réussie !




Contrairement à Findus, Nutella nous a tous donné un exemple quasi-parfait de bonne gestion de crise. La marque ne contourne pas le problème mais les résout de manière frontale avec un vocabulaire adapté et un ton pédagogue. Elle n’y va donc pas par quatre chemins mais fonce dans le tas, tout le contraire de Findus. A ce jour, Nutella n’attire plus l’attention des médias. De toute façon, l’amendement Nutella, bien qu’adopté par la commission des affaires sociales du Sénat, a été rejeté par la commission du même nom de l’Assemblée Nationale, le 21 novembre. La polémique n’a donc duré qu’un petit mois mais Nutella n’a pas attendu l’adoption totale de l’amendement pour réagir.


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