Le Louvre des sables d’Abu Dhabi : révélation de la première exposition !


       
                Flash Back ! Nous sommes en 2007, Jacques Chirac est alors Président de la République. C’est à ce moment qu’un accord intergouvernemental de trente ans entre le France et les Emirats arabes unis pour un projet culturel commun est signé. Renaud Donnedieu de Vabres, qui est ministre de la Culture à l’époque confie que « c’est un grand projet de diplomatie culturelle, exemplaire pour l’image de la France et révélateur de la volonté des autorités locales de faire évoluer leur pays ». La France a remporté ce pari sur le long terme en partie grâce au statut de ses musées nationaux qui sont reconnus, ce qui lui permet de proposer à Abu Dhabi le savoir-faire et les collections de plusieurs institutions de renom. C’est pourquoi à l’inauguration de Louvre des sables, 300 œuvres françaises seront prêtées, chiffre qui diminuera sur dix ans, histoire de laisser au jeune musée le temps de se faire sa propre image, et qu’il puisse étoffer son offre. Le projet propose quatre expositions par an et l’agence France-Museums travaille déjà sur la première…

Retour au présent… Dimanche 21 avril, six ans après le lancement de ce projet pharaonique, le Louvre d’Abu Dhabi nous propose sa première exposition ! En dépit des controverses, des retards et des tensions apparus autour de ce projet, l’exposition « Naissance d’un musée » montre sans qu’on puisse le contester le savoir-faire français et la volonté d’ouverture sur le monde de l’émirat. Présentée à deux pas du futur établissement dont la construction commence à peine (l’ouverture est espérée fin 2015 mais se fera plus probablement en 2016…), cette exposition nous donne un avant gout convainquant de ce que sera le Louvre des sables.

Les 130 œuvres sélectionnées parmi les 460 déjà acquises rendent excellemment compte de la dimension universelle de ce projet.  On le comprend dès la première salle où sont exposés, entre autres, « Antropometry » de Yves Klein (un autoportrait pour lequel l’artiste et sa femme s’étaient enduits de peinture bleue avant de se coller sur une toile). Laurence des Cars, directrice scientifique de l’agence France-Museums qui est une filiale du Louvre, nous avait prévenus : « Certaines pièces vont surprendre ». C’est elle qui a conseillé les émirats pour la constitution de la collection et qui a coordonné l’ensemble du projet. 

Un tel projet n’est pas pensable sans un budget colossal. En effet, des chefs d’œuvre orientaux comme ce « Jeune Emir à l’étude », d’Osman Hamdi Bey, côtoient des toiles de Manet, Gauguin, Magritte, Picasso ; une paire de vases Christofle montrés à l’exposition universelle de 1889 voisine avec un plateau iranien sassanide ; un tableau de Paul Klee inspiré d’un voyage en Tunisie jouxte un ensemble contemporain de Cy Twombly rappelant la calligraphie… Tout cela demande des moyens. Mubarak Hamad Al Muhairi confirmait qu’ « il n’y a eu ni censure, ni limite ». Ainsi, on arrive à un budget annuel de 40 millions d’euros par an, somme justifiée par les exigences des émirats.
Après le football, c’est avec cet impressionnant projet que ces émirats vont continuer d’exposer leurs moyens considérables…mais au moins cette fois, nos yeux pourront les en remercier ! 

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